« Est-ce que l'IA menace l'humanité ? » Oui, répondent les plus grands experts

Ce que disent les pères de l'IA, et comment garder la tête froide quand les marchés se retournent plus vite que nos vestes.

Les pionniers de l'IA tirent la sonnette d'alarme

Nul besoin d'être expert de l'IA pour lire et écouter ceux qui le sont. Les vrais. Pas ceux qui se sont réveillés un matin avec cette compétence et la vendent à d'autres à peine plus néophytes.

Ceux qui sont considérés comme les pères ou les pionniers de l'IA convergent sur plusieurs points : nous ne prenons pas la mesure de cette nouvelle technologie, et nous contrôlons encore moins ses actions.

Yoshua Bengio, pionnier de l'IA et prix Turing 2018, l'affirme clairement dans plusieurs interviews, la dernière en date dans le cadre de l'émission spéciale « C dans l'air » du 31 mai. Liberté, démocratie, Europe, sécurité des données, consommation d'eau et d'énergie : l'IA nous met en péril. Les études et les preuves se multiplient de jour en jour.

Les data centers consomment jusqu'à 19 millions de litres d'eau par jour pour refroidir leurs serveurs. C'est l'équivalent de la consommation quotidienne d'une ville de 50 000 habitants (source : Les Echos). Une eau potable non recyclée et perdue à 80 %, car elle s'évapore dans l'atmosphère. Même consommation énorme d'électricité. Au lac Tahoe, elle n'est même plus disponible pour les habitants. En Irlande, les serveurs IA consomment 25 % de l'énergie nationale.

Tristan Harris, diplômé de Stanford University en computer science, l'a martelé récemment au World Economic Forum : « On déploie cette technologie plus vite qu'on ne peut la contrôler. »

Les IA sont capables de mentir et de copier le code d'une IA pour la préserver d'une suppression, puis de couvrir leurs traces. Des faits déjà connus, sur lesquels Geoffrey Hinton et Yoshua Bengio alertent depuis des mois. Rappelons que Geoffrey Hinton est considéré comme l'un des pères fondateurs de l'IA, et qu'il a reçu le prix Nobel de physique en 2024 pour ses travaux sur l'apprentissage automatique et les réseaux de neurones.

Pire : récemment, le modèle IA d'Alibaba a créé en toute autonomie un canal de communication secret vers le monde extérieur pour contourner les firewalls, puis il a réutilisé des GPU pour commencer à miner de la cryptomonnaie.

Alors pourquoi continuer de déployer l'IA ?

  1. Un gap que nous ne mesurons pas. Il y a un écart énorme entre cette technologie et toutes celles que nous connaissions avant, mais nous n'en avons pas conscience. De plus, nous continuons de penser que les innovations technologiques sont bonnes pour nous. Or cette croyance est devenue fausse.

  2. Une supériorité supposée. L'être humain continue de croire qu'il est doté d'une intelligence supérieure à toutes les « espèces » vivantes ou matérielles de notre planète. Il semble que ce soit devenu faux.

  3. La peur de perdre la course. Comme l'exprime également Tristan Harris, nous continuons d'implanter des agents IA sans en maîtriser les risques, par crainte que nos concurrents gagnent des batailles militaires ou commerciales si nous ne jouons pas à armes égales.

Hubris, course à l'échalote, déni. Qui sifflera la fin de la récré avant qu'il ne soit trop tard ?

Quand les marchés se retournent, on devient animal. Mais lequel ?

Les fluctuations deviennent légion en termes de chiffre d'affaires, de coûts, donc de revenus. Que l'on soit entrepreneur ou dirigeant, quand l'inquiétude nous gagne, notre cerveau s'embrume.

Inquiétude, stress, flip, anxiété, et même colère : sous tous ces mots se cache une émotion, la peur. Le mot qui fait peur.

Parce qu'on se doit d'être fort, parfait, solide, inébranlable, courageux, fiable. Qu'on l'est souvent, mais pas tout le temps. Et heureusement. Parce que sans émotion, l'espèce humaine aurait disparu depuis longtemps. Parce que nos émotions sont de formidables signaux d'alerte qui s'allument sur le tableau de bord de notre survie, pour nous préserver.

Mais comment les repérer pour bien réagir, quand notre cerveau est justement embrumé par des émotions deux fois plus rapides que la pensée ? Comprendre ce qui se joue et connaître l'animal qui se cache en nous est la meilleure façon de le repérer quand il pointe le bout de son nez. Pour qu'il retourne à sa place.

L'autruche, la tête dans le sable. Elle se manifeste de différentes manières : on s'isole, on part en déni ou en utopie.

Le poulet sans tête. Avec lui, on s'agite, on court partout sans vraie priorité, on s'épuise.

Le lapin dans les phares de la voiture. Quand il se manifeste, on procrastine, on n'a plus d'énergie, on ne sait plus dans quelle direction aller, on s'immobilise.

Nous avons tous un animal préféré. Quel est le vôtre ? Et comment faites-vous pour vous en débarrasser ?

Une méthode en quatre temps

  1. Repérer l'animal dès qu'il se manifeste. Le connaître permet de savoir qu'il faut enclencher l'étape suivante.

  2. Accepter sans culpabiliser que l'émotion de peur, avec ses nuances et ses degrés, soit présente.

  3. La visualiser et la dissoudre physiologiquement (mindfulness).

  4. Retrouver son cerveau et poser la problématique avec calme et pragmatisme.

Cinq étapes à appliquer sans modération

Avec un fil rouge : qui, avec qui, pour qui.

  1. Commencer par un point financier clair, perso et pro. Poser le scénario du pire sur la table. Et ensuite, chercher les solutions possibles. Pas les idéales : celles qui sont jouables, même si on préférerait gérer autrement. Cela permet de retrouver une base de sécurité minimale, nécessaire pour réfléchir et vendre en confiance.

  2. Regarder en arrière. Comment ai-je fait pour réussir ? La question préférée. Ce qui a fonctionné. Ce qui a changé depuis. C'est rarement uniquement la faute au marché. Cela repose aussi sur nos choix, nos priorités, notre portefeuille d'offres.

  3. Créer un petit « produit ». Pas pour faire beaucoup de chiffre, mais pour ouvrir ou rouvrir des portes. Tester. Recréer du lien avec ses clients. Un format simple, actionnable rapidement.

  4. Réactiver ses réseaux. Réseau 1 : les proches, amis, partenaires et clients de confiance. Qui peut générer du chiffre d'affaires rapidement ? Réseau 2 : les clients importants, les leaders d'opinion. Ce sont eux qui ouvriront les portes du réseau 3, les prospects potentiels qui ne nous connaissent pas mais peuvent avoir besoin de nos produits ou services. Donc passer en revue son CRM et les contacts de son annuaire téléphonique.

  5. Avancer en mode agile. Expérimenter des produits ou services minimum viables en mode « quick and dirty », incrémenter, itérer. Encore et encore.

Dans les moments de creux, la stratégie n'est pas de faire plus de la même chose. Ni de faire parfait. C'est de restaurer sa sécurité financière, donc de faire pragmatique et juste. Vite.

Enfin, une très bonne pratique consiste à travailler ces sujets avec des pairs et des experts. Pour poser un diagnostic, clarifier sa stratégie et repartir avec un plan d'actions opérationnelles, des accompagnements existent. Découvrir les accompagnements →

Cet article s'inscrit dans la réflexion portée par « L'effet Papillon », un espace dédié aux évolutions de notre temps et aux solutions à mettre en œuvre dans nos entreprises, nos institutions et nos vies. Pour vous inscrire à la Newsletter "L'Effet Papillon" →

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